Vivre avec un handicap entraîne souvent des dépenses que les autres ménages n'ont pas : fauteuil, aides techniques, aménagement du logement ou du véhicule, transport adapté, reste à charge sur certains soins. Quand les ressources se limitent à l'AAH, à une pension d'invalidité ou à un emploi à temps partiel, ces achats semblent impossibles sans crédit. Pourtant, une grande partie de ces frais relève de financements spécifiques au handicap, qui ne se remboursent pas.
Ce guide présente d'abord ces aides, puis les questions propres au crédit quand on est en situation de handicap : l'assurance emprunteur, la prise en compte de l'AAH, les solutions sans banque. Le site n'accorde aucun crédit et n'est l'intermédiaire d'aucun organisme.
Commencer par la MDPH
La maison départementale des personnes handicapées (MDPH) est la porte d'entrée de la plupart des droits. Un seul dossier permet de demander plusieurs prestations à la fois. Prenez le temps de bien remplir le projet de vie : c'est là que vous expliquez vos besoins concrets, y compris financiers.
La prestation de compensation du handicap (PCH)
La PCH finance, selon votre plan de compensation, des aides humaines, des aides techniques, l'aménagement du logement ou du véhicule, certains surcoûts de transport et des aides animalières. Elle n'est pas soumise à une condition de ressources pour son ouverture, même si le taux de prise en charge peut varier. Pour un fauteuil, une rampe ou une douche adaptée, c'est souvent la première source de financement, avant toute idée de prêt.
Le fonds départemental de compensation
Quand la PCH et l'Assurance maladie ne couvrent pas tout, le fonds départemental de compensation du handicap peut réduire le reste à charge. La demande passe par la MDPH. D'autres financeurs peuvent compléter : caisse de retraite, mutuelle, CCAS, associations spécialisées.
Les ressources à vérifier
- L'AAH est calculée sans tenir compte des revenus du conjoint depuis la déconjugalisation : si vous vivez en couple et qu'elle vous avait été refusée, refaites le point.
- La majoration pour la vie autonome peut s'ajouter à l'AAH pour les personnes qui vivent dans un logement indépendant et remplissent les conditions.
- La complémentaire santé solidaire limite fortement le reste à charge sur les soins, l'optique, le dentaire et certaines aides auditives.
- Les aides au logement de la CAF ou de la MSA.
Si vous travaillez, l'Agefiph (secteur privé) ou le FIPHFP (fonction publique) peuvent financer des aménagements de poste ou des aides à la mobilité liées à l'emploi. Le simulateur mesdroitssociaux.gouv.fr et un conseiller France Services peuvent vous aider à faire le tour de vos droits.
L'AAH face à une demande de prêt
L'AAH est une ressource régulière, mais les banques l'apprécient diversement : certaines la retiennent comme un revenu stable, d'autres hésitent, en particulier lorsque le droit est accordé pour une durée limitée et doit être renouvelé. Un refus n'a rien de rare. L'AAH est par ailleurs protégée : elle ne peut pas être saisie par un créancier, et une somme minimale reste toujours disponible sur votre compte en cas de saisie. Cette protection ne doit pas inciter à emprunter au-delà de vos moyens : les dettes restent dues, et les relances, frais et procédures pèsent lourd sur un petit budget.
Assurance emprunteur et convention AERAS
Pour un prêt, la banque demande souvent une assurance décès et invalidité. Avec un handicap ou une maladie, cette assurance peut être refusée ou surtaxée. La convention AERAS (« s'Assurer et Emprunter avec un Risque Aggravé de Santé ») organise l'examen de ces dossiers et prévoit plusieurs niveaux d'étude. Pour un crédit à la consommation, certaines formules dispensent de questionnaire de santé sous conditions d'âge, de montant et de durée. Renseignez-vous auprès de la banque, et rappelez-vous que vous pouvez choisir une assurance externe à garanties équivalentes.
Les solutions de financement adaptées
- Le microcrédit personnel accompagné peut financer un véhicule, un équipement ou un projet d'insertion, avec un suivi par une association ou un CCAS. Voir notre page microcrédit personnel.
- Les prêts sans intérêt de certaines caisses (CAF, caisses de retraite, action sociale d'employeurs) : notre guide du prêt sans intérêt en dresse la liste.
- L'Adie, si votre projet est de créer une activité indépendante adaptée à votre situation.
- Les associations du handicap, qui disposent parfois de fonds de secours ou de prêts d'honneur.
Pour un appareil auditif ou des lunettes, nos pages sur le financement d'aides auditives et sur l'aide pour des lunettes détaillent les prises en charge à mobiliser avant tout achat à crédit.
Comparez systématiquement le TAEG, assurance comprise, et le coût total. Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Mesures de protection et accompagnement budgétaire
Lorsque la gestion du budget devient difficile, plusieurs formes d'aide existent sans perdre son autonomie. Un Point conseil budget aide gratuitement à établir un budget et à négocier avec les créanciers. La mesure d'accompagnement social personnalisé (MASP), proposée par le département, offre un suivi budgétaire et peut inclure la gestion des prestations sociales avec votre accord. Si la situation l'exige, une mesure de protection juridique (sauvegarde de justice, curatelle, tutelle) peut être demandée au juge des contentieux de la protection : elle encadre la souscription des crédits, ce qui protège contre les engagements trop lourds. Parlez-en avec l'assistante sociale ou votre famille avant que les dettes ne s'installent.
Démarchage et arnaques
- Des vendeurs à domicile de matériel médical ou d'aménagements qui proposent un crédit sur place : vous disposez d'un délai de rétractation, ne signez rien dans la précipitation.
- De faux organismes qui promettent un « prêt spécial AAH » contre des frais d'avance.
- Des appels se présentant comme la MDPH ou la CAF et demandant vos coordonnées bancaires.
Faites-vous accompagner par une personne de confiance, une association ou un travailleur social pour tout achat important.
Check-list avant toute dépense importante
- J'ai déposé ou actualisé mon dossier MDPH, avec une demande de PCH si nécessaire.
- J'ai demandé au fonds départemental de compensation de couvrir le reste à charge.
- J'ai vérifié AAH, majoration, complémentaire santé solidaire et aides au logement.
- J'ai sollicité l'Agefiph ou le FIPHFP si la dépense est liée à mon emploi.
- Si j'emprunte, j'ai comparé le TAEG assurance comprise et vérifié les règles AERAS.
- J'ai refusé toute signature immédiate lors d'un démarchage.
Offres de prêt et aides financières à comparer
- CAF — aides, prestations et, selon les départements, prêts d’équipement ou d’installation pour les allocataires.
- Microcrédit – Crédit Municipal de Paris — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.
- Microcrédit personnel – La Banque Postale — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.
- Adie — microcrédit accompagné pour les personnes exclues du crédit bancaire classique.
Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.
