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Types de prêt

Prêt entre particuliers : ce qui est possible avec un petit budget

Emprunter à un particulier quand la banque refuse : ce que la loi permet, la reconnaissance de dette, les faux prêteurs à éviter et les aides à demander d'abord.

Deux personnes échangeant un document à une table

Après un refus de la banque, l'idée d'emprunter directement à une autre personne paraît simple : pas de dossier, pas de fichier, une somme versée vite. Sur Internet, des dizaines d'annonces proposent justement des « prêts entre particuliers sérieux ». Pour une personne à faibles revenus, c'est pourtant l'un des terrains les plus risqués, car la plupart de ces annonces sont des escroqueries pensées pour ceux qui ont déjà du mal à boucler le mois.

Le prêt entre particuliers existe bel et bien en droit français, mais il fonctionne surtout entre personnes qui se connaissent. Voici ce qui est permis, comment l'encadrer quand il est possible, comment repérer un faux prêteur et quelles solutions demander avant d'y penser.

Ce que la loi autorise vraiment

Une personne peut prêter de l'argent à une autre, avec ou sans intérêts. En revanche, prêter contre rémunération de façon habituelle est réservé aux établissements agréés : c'est le monopole bancaire. Un inconnu qui « prête à tout le monde » sur une page de réseau social n'a donc, en règle générale, aucun droit de le faire. Les plateformes françaises de financement participatif en prêt financent essentiellement des entreprises et des projets, pas les dépenses courantes d'un ménage.

Si un taux est prévu entre particuliers, il ne peut pas dépasser le taux d'usure, fixé chaque trimestre par la Banque de France. Au-delà d'un certain montant, le prêt doit en outre être déclaré à l'administration fiscale par l'emprunteur ; les modalités figurent sur Service-Public.fr.

Reconnaître une arnaque au faux prêt

Les escrocs ciblent précisément les personnes fichées, au RSA ou au chômage, en promettant un accord « sans condition ». Le schéma est presque toujours le même : on vous accorde un prêt en quelques minutes, puis on vous demande de payer avant de recevoir l'argent. Les frais changent de nom à chaque étape, et l'argent n'arrive jamais.

  • Des frais demandés d'avance : dossier, notaire, assurance, « déblocage », taxe.
  • Un paiement par coupon prépayé, transfert d'argent ou cryptomonnaie.
  • Un contact uniquement par messagerie, avec des fautes et des documents « officiels » douteux.
  • La demande de copies de pièce d'identité, de RIB ou de codes bancaires.
  • Un taux très bas affiché pour tous, quels que soient vos revenus.

Un vrai prêteur ne réclame jamais d'argent avant de verser les fonds. En cas de doute, vérifiez si l'organisme est agréé dans le registre REGAFI ou sur les listes noires publiées par l'ACPR et l'AMF, et signalez l'annonce sur la plateforme Pharos. Si vous avez déjà payé, prévenez votre banque immédiatement et portez plainte.

Les aides à demander avant d'emprunter

Avec un petit budget, la première question n'est pas « qui va me prêter ? » mais « à quoi ai-je droit que je ne touche pas ? ». Beaucoup de prestations ne sont pas réclamées, et une aide non remboursable vaut toujours mieux qu'une dette.

  • Faites une simulation sur le portail Mes droits sociaux : prime d'activité, aide au logement, complémentaire santé solidaire.
  • Contactez votre CAF pour vérifier un dossier bloqué ou demander une aide d'action sociale.
  • Prenez rendez-vous au CCAS de votre mairie ou avec une assistante sociale du département pour un secours ou des bons.
  • Rendez-vous dans un espace France Services si les démarches en ligne vous bloquent.

Pour un tour d'horizon de ces dispositifs, consultez notre guide des aides financières pour petit budget.

Emprunter à un proche, la seule forme réaliste

Le prêt entre particuliers qui fonctionne est celui qu'on obtient d'un ami, d'un voisin ou d'un collègue de confiance. Même dans ce cadre, un écrit protège tout le monde : une reconnaissance de dette datée et signée, qui précise la somme en chiffres et en lettres, les dates de remboursement et l'éventuel intérêt. Faites transiter l'argent par virement plutôt qu'en espèces, pour garder une trace.

Fixez un échéancier que vous pouvez tenir même lors d'un mois difficile, quitte à rembourser 20 ou 30 euros à la fois. Si l'emprunt se fait au sein de la famille, avec des questions de donation ou de succession, notre page sur le prêt familial et la solidarité entre proches détaille les précautions particulières.

Les alternatives encadrées

Quand aucun proche ne peut aider, mieux vaut se tourner vers des solutions légales et accompagnées que vers un inconnu.

Le microcrédit personnel accompagné

Proposé par des associations, des CCAS ou des structures partenaires de banques, il finance un projet lié à l'emploi, à la mobilité, au logement ou à la santé. Un accompagnateur aide à monter le dossier et à vérifier que la mensualité est supportable. Notre page dédiée au microcrédit accompagné explique la démarche.

Le crédit municipal

Le prêt sur gage permet d'obtenir une somme contre le dépôt d'un objet de valeur, sans étude de revenus. On récupère l'objet en remboursant. Les conditions sont expliquées dans notre article sur le prêt sur gage au crédit municipal.

Les organismes de prêt solidaire

Certaines caisses de retraite, mutuelles, employeurs ou associations accordent des avances à petit taux, voire sans intérêt. Il faut souvent passer par un travailleur social pour en bénéficier.

Comparer le coût réel

Qu'il s'agisse d'un proche, d'une association ou d'un établissement, comparez toujours le coût total : somme empruntée, intérêts éventuels, frais et durée. Pour un crédit proposé par un professionnel, le TAEG est obligatoire et permet de comparer les offres entre elles. Un « petit » remboursement mensuel sur une longue durée peut coûter plus cher qu'il n'y paraît.

Avant de signer quoi que ce soit, faites le calcul suivant : vos ressources du mois, moins le loyer, l'énergie, l'alimentation, le transport et les dettes déjà en cours. La mensualité doit tenir dans ce qui reste, avec une marge pour les imprévus.

Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.

Si vous êtes fiché ou déjà endetté

Une inscription au FICP ou des dettes qui s'accumulent rendent les annonces de faux prêteurs encore plus tentantes. C'est précisément le moment où un nouvel emprunt risque d'aggraver la situation. La procédure de surendettement de la Banque de France est gratuite : elle peut aboutir à un plan de remboursement adapté, à des délais ou à un effacement partiel. Un travailleur social ou un point conseil budget peut vous aider à constituer le dossier. Pour comprendre les options lorsque l'on est inscrit au fichier, lisez notre page sur le crédit et le fichage FICP.

Offres de prêt et aides financières à comparer

  • Crédit municipal — Établissements publics de crédit solidaire proposant des microcrédits personnels accompagnés aux ménages modestes, souvent en partenariat avec les communes et les CCAS.
  • Caisse d'Épargne – Parcours Confiance — Dispositif d'accompagnement bancaire solidaire qui propose des microcrédits personnels et un suivi budgétaire aux personnes ayant difficilement accès au crédit classique.
  • Secours catholique — Association caritative dont les bénévoles aident les personnes en précarité à monter et suivre des dossiers de microcrédit personnel auprès de banques partenaires.
  • Croix-Rouge française — Association humanitaire qui oriente et accompagne des personnes à faibles revenus dans leurs démarches de microcrédit social, en complément de ses actions d'aide.

Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.