Un petit revenu, ce n'est pas forcément l'absence de travail. C'est souvent un salaire proche du SMIC, un temps partiel, une pension modeste ou un mélange de salaire et d'allocations. Le budget tient tant que rien d'imprévu n'arrive. Le jour où il faut remplacer un appareil, payer une caution ou faire réparer la voiture, la question du crédit se pose, avec une réponse bancaire souvent négative ou une offre trop chère.
Cette page aide à faire le tri : comment augmenter ses ressources sans emprunter, comment juger si une mensualité est supportable, et quelles formes de prêt restent sensées quand on gagne peu.
Augmenter ses ressources avant de penser au crédit
Beaucoup de foyers modestes ne perçoivent pas toutes les aides auxquelles ils ont droit, parfois parce qu'ils pensent gagner « trop » pour y prétendre. Vérifiez en particulier :
- la prime d'activité, versée par la CAF ou la MSA aux salariés et indépendants aux revenus modestes, y compris à temps partiel ;
- les aides au logement, qui concernent aussi des personnes qui travaillent ;
- la complémentaire santé solidaire, qui réduit les dépenses de santé ;
- le chèque énergie, attribué automatiquement selon les revenus déclarés ;
- les tarifs sociaux locaux : transports, cantine, centre de loisirs, souvent calculés selon le quotient familial.
Le simulateur officiel des droits sociaux donne une première réponse. Un conseiller France Services peut vérifier avec vous les pièces à fournir. Ces aides ne créent aucune dette et changent souvent davantage le budget qu'un prêt.
Calculer son reste à vivre
Les banques parlent souvent de « taux d'endettement », la part des revenus consacrée aux crédits. Pour un petit revenu, l'indicateur le plus parlant est le reste à vivre : ce qui reste une fois payées toutes les charges fixes et les mensualités. Avec un salaire modeste, même un taux d'endettement faible peut laisser trop peu pour vivre.
- Additionnez vos revenus nets et vos prestations.
- Retirez le loyer, l'énergie, l'eau, les assurances, le téléphone, les transports et la mutuelle.
- Retirez les crédits en cours.
- Divisez le résultat par le nombre de personnes du foyer.
Faites ce calcul sur un mois ordinaire, puis sur un mois difficile : rentrée scolaire, facture annuelle d'assurance, régularisation de charges. Un crédit doit rester remboursable aussi pendant ces périodes. Les familles monoparentales et les foyers avec plusieurs enfants ont intérêt à intégrer les frais de garde et de cantine, qui varient beaucoup d'un mois à l'autre et pèsent lourd sur un salaire modeste.
Si ce reste à vivre couvre à peine l'alimentation et les dépenses courantes, une nouvelle mensualité est dangereuse, quel que soit l'accord de la banque.
Les aides ponctuelles pour une grosse dépense
Pour un achat indispensable ou un imprévu, plusieurs organismes peuvent aider avant tout crédit :
- la CAF, dont l'action sociale propose selon les départements des aides ou des prêts sans intérêt pour l'équipement du logement ;
- le CCAS, pour une aide exceptionnelle ;
- le FSL pour le dépôt de garantie, l'énergie ou l'eau ;
- le comité social et économique de votre entreprise, s'il existe, qui accorde parfois des aides ou des prêts aux salariés ;
- Action Logement, pour les salariés du secteur privé, en matière de logement.
Pour un tour d'horizon des besoins courants (frigo, voiture, lunettes), voir notre page sur les aides financières par besoin.
Les crédits envisageables avec un petit salaire
Le microcrédit personnel accompagné
Il s'adresse aux personnes que les banques refusent, pour un projet utile : mobilité, emploi, logement, santé. Un accompagnateur évalue avec vous le montant et la durée. Voir notre page sur le microcrédit pour petits budgets.
Le prêt personnel classique
Avec un salaire régulier et un compte bien tenu, un petit prêt personnel peut être accordé. Comparez le TAEG et le coût total en euros, et refusez les assurances facultatives dont vous n'avez pas besoin. Notre page sur le prêt personnel avec un faible revenu détaille les points à vérifier.
Les solutions sans banque
Le prêt familial écrit, le prêt sur gage au crédit municipal ou l'achat d'occasion auprès d'une ressourcerie évitent souvent de s'endetter auprès d'un organisme. Le créateur d'entreprise à petit revenu peut quant à lui se tourner vers l'Adie et les aides à la création.
Check-list avant d'emprunter
- J'ai vérifié mes droits à la prime d'activité et aux aides au logement.
- J'ai demandé une aide ponctuelle (CAF, CCAS, employeur) pour cette dépense.
- Mon reste à vivre après mensualité reste suffisant pour tout le foyer.
- J'ai comparé au moins deux offres sur leur TAEG.
- Je garde une petite marge pour un nouvel imprévu.
- Je n'ai rien payé à un prêteur avant d'avoir signé l'offre.
Se protéger des offres pièges
Les petits revenus sont ciblés par des offres qui paraissent pratiques : crédit renouvelable proposé en caisse, paiement en plusieurs fois répété sur plusieurs achats, mini-crédits à rembourser en quelques semaines. Pris un par un, ils semblent modestes ; cumulés, ils peuvent absorber une part importante du salaire. Méfiez-vous aussi des faux prêteurs sur les réseaux sociaux qui réclament des frais avant le versement : ce sont des escroqueries.
Bâtir un coussin de sécurité
La meilleure protection contre le crédit d'urgence reste une petite épargne, même de quelques euros par mois sur un livret. Arrondir ses dépenses, vendre ce qui ne sert plus ou lisser ses factures d'énergie aide à la constituer. Si votre situation ne permet aucune épargne, c'est un signal pour revoir vos droits avec un travailleur social. Les situations voisines sont traitées sur notre page sortir des difficultés financières.
Un crédit vous engage et doit être remboursé. Vérifiez vos capacités de remboursement avant de vous engager.
Offres de prêt et aides financières à comparer
- Caisse d'Épargne – Parcours Confiance — Dispositif d'accompagnement bancaire solidaire qui propose des microcrédits personnels et un suivi budgétaire aux personnes ayant difficilement accès au crédit classique.
- Secours catholique — Association caritative dont les bénévoles aident les personnes en précarité à monter et suivre des dossiers de microcrédit personnel auprès de banques partenaires.
- Croix-Rouge française — Association humanitaire qui oriente et accompagne des personnes à faibles revenus dans leurs démarches de microcrédit social, en complément de ses actions d'aide.
- Adie — Association nationale de microfinance qui accorde des microcrédits accompagnés, notamment pour la mobilité vers l'emploi, aux personnes exclues du crédit bancaire.
Liste indicative et non exhaustive d’établissements réels, sans lien commercial avec le site. Vérifiez l’agrément, le TAEG et les conditions avant toute demande ; ne payez jamais de frais à l’avance.
